E-réputation, les prédictions : que nous réserve 2012?

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ce que nous réserve l'e-réputation en 2012

Bon autant le dire avant toutes choses, je plaide ici pour ma paroisse.

Comme entrepreneur, je me dois d’avoir une vision pour Reputation Squad et donc pour son marché, son écosystème. La voici en ce qui concerne les évolutions que je vois se dessiner pour les prochains mois et qui vont en conséquence façonner une bonne partie de notre stratégie d’entreprise et en particulier nos recrutements et développements technologiques.

Bien sûr, j’en garde certaines pour moi car ce sont celles sur lesquelles je mise pour préserver nos avantages concurrentiels ;-)

Je tiens à souligner que parmi ces “prédictions”, plusieurs sont des tendances que nous avons déjà pu observer dans notre quotidien d’agence e-réputation.

 

1- Les réseaux sociaux se professionnalisent et montrent une capacité croissante à respecter la Loi des pays et par la même, la vie privée de leurs utilisateurs

Ex: Les données personnelles sont un enjeu majeur pour l’économie numérique mondiale, face à l’internationalisation des réseaux, le droit des données personnelles va tendre vers un renforcement et une harmonisation des règles entre les US et l’UE.
Ainsi, la directive « données personnelles » va être réformée sous la forme d’un règlement pour uniformiser la protection au sein des Etats membres.
Facebook intègrera des fonctionnalités spécifiques dans certains pays pour la suppression de ses informations personnelles.

2-Les citoyens se mettent à faire du e-lobbying

Ils le feront de manière systématique dès qu’un sujet est un tant soit peu mobilisateur. Les décisions se prendront de plus en plus dans la concertation et la transparence.

Ex: les mairies doivent mettre en place un dialogue quotidien sur les réseaux et chaque lancement de nouveaux projets, chantiers, etc. nécessite un véritable plan de communication pour évangéliser et éviter une paralysie par les contestataires de plus en plus organisés.

3- La Page de résultats Google perd de son importance devant l’individualisation des résultats

Une stratégie globale SEO et sociale devient indispensable.

Ex: Noyer un résultat négatif devient à la fois difficile et vain dans de nombreux cas, une stratégie plus complexe et complète s’impose face aux nouveaux algorithmes et au poids accordé au social.

4-Des usurpations d’identités sur les réseaux sociaux créeront de véritables crises corporate

Ex: Un faux compte Facebook d’un grand patron allemand a progressivement obtenu de nombreux journalistes comme friends. Il distille petit à petit des informations compromettantes, flairant le scoop, Bild Zeitung fait sa Une sur les frasques supposées du capitaine d’industrie. Bad buzz, cours de bourse qui plonge, condamnation par les politiques, etc. les conséquences sont bien réelles avant qu’un démenti ne mette fin à la polémique.

5-Les outils de veille sur les images deviennent un enjeu majeur

Il le seront d’autant plus face à l’explosion du nombre de photos partagées sur les réseaux traditionnels et à la popularisation des réseaux dédiés comme Instagram.

Ex: dans le tourisme, l’hôtellerie et la restauration; la réputation va évoluer de plus en plus rapidement et dépendre grandement des derniers flux de photos auxquels les internautes souscrivent. L’on ne pourra pas les ignorer pour comprendre la réalité de la perception de ces marques. D’autant plus que ces photos seront géolocalisées…

6-Des mouvements terroristes purement digitaux vont apparaître

Ils revendiqueront une indépendance vis-à-vis des groupuscules militants traditionnels.

Ex: un mouvement extrémiste chrétien nord-américain s’attaque aux systèmes informatiques des cliniques pratiquant l’IVG et met en ligne les dossiers médicaux de patients.

7-Le Droit de l’E-réputation se développe et une jurisprudence “dure” apparaît sur les questions plus graves

Ex: des campagnes de harcèlement ayant occasionné des conséquences financières graves sont sanctionnées de manière conséquente par les juges qui commencent à percevoir les enjeux de l’e-réputation.

8-La complexité de l’écosystème nécessite une taille critique pour les agences

Les clients attendent des solutions concrètes, globales et transnationales. Les agences doivent s’adapter avec des personnels qualifiés sur l’ensemble des métiers de l’e-réputation , une présence ou et/un staff international sont un prè-requis.

Ex: Pour gérer un retrait de produit dans l’industrie pharmaceutique, le laboratoire cherchera un interlocuteur susceptible de coordonner la communication e-corporate au niveau mondial.

9-Conséquence de cette situation

Les très petites structures se concentrant sur la formation et le conseil rencontrent des difficultés sur un marché mûrissant.

Ex: devant la dimension des enjeux (d’image comme financiers), les entreprises veulent des structures auxquelles elles peuvent demander des comptes le cas échéant et attendent une implication de long terme.

10-Les organisations syndicales vont mener de véritables cyberguerres militantes face aux multinationales

Ces cyberguerres auront pour but de faire plier les multinationales lors de négociations salariales, etc.

Ex: suite à l’annonce d’un plan de licenciement massif d’une société du CAC 40 annonçant des résultats financiers importants, un groupement de syndicats encourage ses militants à attaquer les pages facebook, à polluer les pages wikipédias et même à “outer” des informations personnelles des dirigeants obtenues de l’intérieur.

11-La voie que nous avons ouverte avec notre assurance e-réputation, première mondiale lancée en Juin avec Swiss Life, va se poursuivre et s’étendre

Tous les assureurs importants proposeront bientôt des solutions e-réputation pour les particuliers mais également pour les professionnels et les entreprises.
Reputation Squad aura de nouvelles annonces fortes sur ce thème durant l’année et il est probable que mon associé Fabrice rédige des billets sur ces questions prochainement.

Ex: L’assurance e-réputation des médecins apparaît pour couvrir ce risque en plus des nombreux risques pour lesquels ils souscrivent d’ores et déjà.

12-En France comme aux USA pour être ministre ou obtenir des postes en vue, votre e-réputation et votre influence sur les réseaux sociaux joueront un rôle précieux

Staline disait bien: “Le Pape, combien de divisions?”, le vainqueur de la Présidentielle dira probablement: “combien de followers?”. Il suffit de voir une Nadine Morano qui s’active sur Twitter au point que cela en devient même sa principale actualité.

Ex: que peut-on refuser à une NKM qui a 8 fois plus de followers que l’UMP???

13-La pérennité des business models reposant sur la crédulité des internautes va aller en déclinant à la vitesse grand V

Ex: de nombreux sites de voyance en ligne vont subir une baisse majeure de chiffre d’affaires.

14-Mesurer son influence ne sera plus un jeu mais un véritable enjeu marketing et commercial

Les entreprises évalueront le réseau de leurs recrues et leur charisme numérique avant de les embaucher.

Ex: de nombreuses agences digitales ne recruteront plus de community managers avec un Klout inférieur à 35.

Et vous, quelles sont vos prédictions?

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Vers une identité numérique globale

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Données ouvertes, API et interconnexions

e-reputation, identité numérique et données ouvertes

e-reputation et données ouvertes ©Sénat

L’écosystème web est en constante évolution. Sans tirer de conclusions hâtives sur le troisième opus de la série web (comprenons Web 3.0), il semble évident que la donnée en tant que matière première y tiendra une place prédominante.

Ainsi, en considérant chaque web service comme une interprétation, une utilisation de cette matière première, nous avons vu fleurir des modèles de données plus ouverts et accessibles. (produis et plateformes)

Le web (comprenez les web services) devient plus interconnecté, comme un retour aux bases d’Internet (peer to peer et interconnexion directe des clients).

Les api, synchronisations et autres techniques d’accès aux données permettent d’intégrer un service dans l’écosystème web.

Ces évolutions ouvrent la voie vers une homogénéisation globale de la donnée en ligne.

Quelles en seront les nouvelles applications, opportunités et risques ? Dans notre domaine de spécialité qu’est l’e-reputation, comment imaginer les évolutions induites par ces nouvelles mouvances?

 

Dans son article sur l’affaire Xavier de ligonnes et l’enquête 2.0 qui en découla, Gaël évoque la notion d’identité globale.

“Le problème se pose notamment car il n’existe pas encore de véritable identité numérique globale. Nous dispersons au fur et à mesure de notre existence numérique des « miettes» qui une fois rassemblées et analysées en disent beaucoup sur nous.”

Cependant la constante évolution de l’ecosystème web précitée laisse présager une première version de l’identité numérique globale dans un futur proche.

Et si demain les “miettes” étaient automatiquement rassemblées, agrégées, interprétées et restituées…

Identité numérique: empreintes et traces

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©A collaboration between GOOD and Oliver Munday, in collaboration with IBM.

Dans le contexte ainsi présenté, il semble pertinent de s’intéresser à l’empreinte numérique de tout un chacun.L’ensemble des données que nous créons/ajoutons au cours de nos déambulations sur les réseaux, sont autant d’éléments qui constituent la dîte empreinte numérique.Évidemment nous parlons d’éléments qui ne seraient pas anonymes mais reliés à notre identité (depuis Facebook, le web des pseudos est enterré, nous mettons en avant notre identité réelle sur internet).

L’e-reputation est, entre autres, basée sur cette empreinte et surtout l’interprétation que vont pouvoir en faire les internautes. Il semble également important de ne pas négliger la notion de reflet (interprétation et mise en avant des informations par les moteurs de recherche) qui aura un impact direct sur l’image renvoyée et donc la perception du public.

La notion de reflet est directement expliquée par le fait que l’on trouve sur Internet des vecteurs de visibilité ou ‘points d’entrée’ tels que les moteurs de recherche mais également les réseaux sociaux populaires et les sites agrégateurs de contenus plébiscités (Wikipedia, Twitter, Facebook…).

Nous percevons des bribes de données agrégées selon le bon vouloir des points d’entrée laissant ainsi l’utilisateur assembler seul les pièces du puzzle et se créer sa propre image, son propre avis, votre e-reputation…Cependant comme expliqué précédemment l’interconnexion des services tend à changer la donne pour les années à venir.

Et si demain toutes les données étaient ouvertes et connectées ?

Google réunit donc pour nous des données correspondant à une recherche (dans notre cas, une recherche basée sur un nom et prénom d’un individu).Pour une recherche basée sur une identité, des sites contenant des données qualifiées pourront être visibles (réseaux sociaux, sites d’avis, blogs, …) et mis en avant par les moteurs de recherches selon leurs propres algorithmes.L’utilisateur rassemblera les pièces du puzzle, constituantes directes de l’e-reputation de la personne sujet de la recherche. Une analyse plus fine selon les services permettra de récolter des informations qualifiées (les miettes citées par Gael.)

Maintenant imaginons une interconnexion parfaite entre ces services. Une plateforme capable de synchroniser toutes les données disponibles sur une personne.

Cette approche n’a rien de révolutionnaire (Il existe depuis un certain moment des services approchant cette idée comme 123 people, Yasni, mais beaucoup trop simplistes et fermés face à la réalité du web), cependant, il semble que ces derniers temps tout ce soit accéléré.

En effet, des projets plus avancés comme Klout (indice d’influence global) connaissent une ascension intéressante.

Klout ,e-reputation et indice d'influence

Klout , e-reputation et indice d'influence

Enfin la toute nouvelle Global graph api de Facebook, semble confirmer l’importance de la donnée stratégique dans l’écosystème web.Cette dernière permet,sur le papier, de normaliser et d’uniformiser toute donnée venant d’un autre système web afin de synchroniser les données disparates et de les rendre homogène.La finalité pour Facebook, en proposant une synchronisation des services externes et un affichage sous forme de timeline personnelle est de proposer un service de Lifetracking complet.

Global graph api  ©Facebook

Global graph api ©Facebook

Ne serait-ce pas une première version d’une identité numérique globale? Nos différentes actions sur les réseaux ne seraient pas en train d’être synchronisées sur un même espace?

Le web fermé est résolument enterré, l’interconnexion prime.

Cette nouvelle tendance peut laisser présager de nouvelles applications et une évolution considérable touchant directement le domaine de l’e-reputation.

Augmentation des risques, facilité de gestion de l’image globale, e-reputation plus perceptible et lissée, autant de potentielles problématiques conséquences d’une telle évolution.

Les données, ingrédients clefs de l’e-reputation, pourraient être agrégées d’une toute nouvelle manière (oubliées la première page google et la classique googlisation ?)

Institution d’Etat ou géant du privé

Une question de taille se pose désormais. Qui a le droit de synchroniser ces données? A priori tout le monde, les données récoltées sont publiques ou par définition (choix des utilisateurs) ouvertes et accessibles( au moyen des api et synchronisation de comptes). Cependant des données individuelles et dispersées peuvent-elles êtres considérées de la même manière qu’un agglomérat qualifié?

cnil-e-reputation

cnil-e-reputation

La somme de connaissances (certes ouvertes) peut-elle être légitimement interprétée comme des informations indépendantes et isolées (traitement de données).Il est évident que l’agglomération d’informations qualifiées représente un avantage en terme d’intelligence stratégique ne serait ce que pour du profilage d’individus dans un but mercantile.

Désormais posons nous la question de qui peut synchroniser ces données ? et dans ce cas plusieurs réponses sont possibles. Éventuellement tout le monde, puisque dans la plupart des cas les api sont ouvertes.

Dans la réalité, la charge en développement (qui sera constante si un service veut être viable et pouvoir ajouter en permanence des connecteurs vers de nouveaux systèmes web) et les besoins en technologies (stockage, automatisation et gestion de charge) immenses réduisent la possibilité d’ acteurs aux actuels (et très critiqués) géants du web.

L’identité a toujours été gérée pas des institutions d’états, comment ces dernières pourraient elles pouvoir avoir une influence sur l’actuel monde numérique et sur une éventuelle identité numérique globale?

 

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La relation entre Wikipédia et la presse dégénère-t-elle?

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Wikipédia presse journalistes

Le site Wikipédia permet à tout le monde de modifier le savoir universel qui y réside. Son modèle d’intelligence collective a su prouver aux experts de tous bords que 1000 individus réunis autour d’un sujet sont aussi efficaces qu’un expert sur ce même sujet. Et pourtant, malgré son succès et son omniprésence, Wikipédia est une plateforme dont les tenants et les aboutissants échappent à la plupart de la population.

La presse déforme Wikipédia

Par exemple, dans la presse, voici ce que l’on peut lire ici, , , ou encore lorsque la page Wikipédia d’une célébrité vient de se faire vandalisée:

Si bien que la page Wikipedia qui lui est dédiée en version française a été piratée à plusieurs reprises au cours de la journée.

La mauvaise plaisanterie a été vite effacée mais le pirate n’est, pour l’heure, pas encore identifié.

…. a été détournée pendant trois jours. Vendredi, un pirate informatique a revisité à sa manière son CV sur le Web

Sammy Traoré exaspère les supporters. A tel point que l’un d’entre eux a décidé de pirater sa page Wikipedia.

Toute personne familière avec la plateforme Wikipédia comprend ici que les pages faisant les gros titres n’ont pas été piratées, mais juste vandalisées. “Pirater” comporte une notion d’intrusion ou d’acquisition illégale. Il se trouve que dans le cas du vandalisme sur Wikipédia, il n’y a ni intrusion (vu que le site est ouvert à tous) ni acquisition de quoi que ce soit, et ce n’est pas du tout illégal d’intervenir sur Wikipédia.

La presse laisse entendre ici qu’il faut « pirater » Wikipédia pour faire du vandalisme, ce qui est entièrement faux (il suffit d’appuyer sur le bouton « modifier la page« ). Et pourtant, si les journaux le disent…

Et Wikipédia déforme la presse

RessortCependant, tout comme la presse tord l’image de Wikipédia dans l’opinion publique, Wikipédia tord la notion de presse sur ses pages. En effet, la règle d’or sur Wikipédia pour ajouter, modifier ou supprimer le contenu d’une page, c’est d’utiliser des articles de presse qui appuient vos contributions. Par exemple, si un sujet est censuré de manière générale dans le milieu journalistique, alors il sera impossible de trouver dans Wikipédia une source d’expression libre où parler de ce sujet, car aucun article de presse ne pourra être avancé pour justifier l’existence de ce sujet.

La crise de la presse

Depuis l’avènement du Web comme principal média de l’information, la presse souffre. Le monopole de l’information lui échappe. Des blogueurs venus de nulle part ont développé des sites d’information à forte audience. Certains journalistes créent également leurs propres blogs, ou se joignent à des équipes de rédaction sur des sites tiers. Des sites de presse créent la confusion en permettant à tout un chacun de créer du contenu sur leurs domaines, avec leurs logos. Les entreprise diffusent également de l’information, leurs dirigeants et leurs employés aussi. Le monde de l’information a complètement éclaté en mille morceaux.

Un Wikipédia conservateur

Seulement voilà: tout ce contenu crédible et authentique créé en dehors des frontières de la presse comme on l’entend traditionnellement n’est pas valide aux yeux d’un modérateur Wikipédia, comme le prouve cet utilisateur frustré. Wikipédia veut surtout de la presse. Dans la philosophie de Wikipédia, la presse représente le savoir neutre, vierge de toute ambition de corrompre les esprits (ce qui est de toute évidence fortement questionnable). Cette relation conservatrice entre la presse et Wikipédia nécessite un contrôle permanent pour s’assurer que la pureté des savoirs restent hermétiques à tout contenu ne provenant pas de la plume d’un journaliste.

La dégénérescence

Si tout le contenu de Wikipédia est un travail objectif et bâti sur des sources journalistiques, le site devient alors la meilleure source d’information pour effectuer des recherches sur un sujet. Mais comme nous l’avons vu ci-dessus, les journalistes ne comprennent pas tous les tenants et les aboutissants de la plateforme, et lorsqu’un virus pénètre dans la pureté des pages Wikipédia, c’est tout une industrie de professionnels qui tombent comme des dominos:

Le Nouvel Obs: Les journaux piégés par une fausse citation sur Wikipedia
20 Minutes: Celui qui a tué Manœuvre sur Wikipédia est en garde à vue

Le premier lien montre à quel point les journalistes utilisent bêtement Wikipédia comme si c’était une fontaine à scoops, et le second montre à quel point il peut être dangereux de vouloir infecter le savoir pur de Wikipédia, même si il ne s’agit initialement que d’une blague.

Une interdépendance néfaste

On trouve beaucoup d’exemples où la presse collabore avec Wikipédia pour intervenir sur des sujets sensibles, comme ce fût le cas lors du kidnapping d’un reporter américain. Wikipédia est devenu si important aux yeux de la presse que les différents titres de presse se comparent jalousement leurs pages Wikipédia pour voir qui a la plus belle.

Cette relation interdite est devenue si problématique que l’AFP a envoyé comme consigne à tous les journalistes de ne plus citer Wikipédia comme source documentaire, tant la plateforme a trompé nombre de journalistes dupes. La presse est en crise, et dans un élan passionnel mais suicidaire, Wikipédia se joint à sa misère. La presse dépend de Wikipédia et de son modèle d’intelligence collective, et Wikipédia pense dépendre de la presse pour préserver un contenu soit-disant « encyclopédique« .

Redéfinir le journalisme pour sauver Wikipédia

Légo journalisteLa crise du journalisme est aigue, et se caractérise par un besoin de se redéfinir, changer. Wikipédia dépend aussi de ce changement de la presse, car c’est en reconnaissant la plus grande variété de contenus authentiques disponibles sur le Web que les contributions pourront repartir. Comme le dit si bien Cédric Le Merrer dans son excellent article « Comment sauver le soldat Wikipédia?« :

Wikipedia pourrait mettre un coup de pied dans sa propre fourmilière en abandonnant le principe de “neutralité de point de vue” qui de toute façon est bien trop problématique.

C’est une excellente idée, vu que la neutralité d’opinion n’existe pas. On pourrait étendre cette idée à l’acceptation de sources non-journalistiques, et de systématiquement ouvrir un débat pour chaque source à insérer, que celles-ci proviennent de la presse ou non.

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La difficile mise en place d’un droit à l’oubli effectif et performant

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Laura Dorstter

Bien qu’encore insoupçonnés par une large partie de ses milliards d’utilisateurs (l’Union internationale des télécommunications dénombrait 2 milliards d’internautes en début d’année 2011), les risques liés à Internet se font de plus en plus sentir.

En effet, la multiplication du nombre d’informations et de données personnelles publiées chaque jour, volontairement ou involontairement, sur les réseaux sociaux et professionnels, par les journaux ou les blogueurs, liée à la mémoire infinie d’Internet fragilisent la vie privée des internautes.

La délicate question d’un véritable droit à l’oubli numérique, lequel permettrait à toute personne de demander au site publiant des informations la concernant d’en obtenir le retrait, est alors venue animer les débats, tant au niveau national, international qu’européen.

Quels sont les enjeux liés au droit à l’oubli ?

Les demandes visant à obtenir la suppression d’informations compromettantes prolifèrent ! Qu’il s’agisse d’une personne lambda à la recherche d’un emploi souhaitant voir retirer une photo d’elle lorsqu’elle était étudiante, d’un haut dirigeant dont l’ancienne condamnation judiciaire, relatée dans de nombreux articles, le poursuit des années plus tard et l’empêche de développer son activité, ou encore un responsable commercial ayant perdu les codes d’accès d’un vieux blog étudiant et souhaitant le supprimer ; le droit à l’oubli est susceptible de tous nous concerner à un moment donné. Ceci est d’autant plus vrai que les jeunes générations sont souvent inconscientes des conséquences que la publication d’informations personnelles peut avoir au long terme.  De plus, les journaux ont tous ou presque mis leurs archives en ligne, les rendant accessibles à tous, indéfiniment.

Les risques sont également augmentés par le fait qu’il suffit de quelques clics pour republier une information sur diverses plateformes.

Selon une enquête menée par Eurobaromètre à la fin de l’année 2010 et dont les résultats ont été publiés en juin 2011, 75% des européens souhaitent pouvoir effacer, quand ils le veulent, les données à caractère personnel les concernant qui sont mises en ligne. De plus, 90 % d’entre eux estiment qu’une action au niveau européen serait préférable afin de bénéficier des mêmes droits dans toute l’Europe en matière de protection des données.

Etat des lieux : de quel droit à l’oubli bénéficions-nous aujourd’hui ?

Les initiatives pour développer un véritable droit à l’oubli numérique se sont multipliées. Pourtant, ces tentatives sont restées vaines et les négociations entre les différents acteurs concernés (internautes, pouvoirs publics, entreprises, etc.) continuent.

Aujourd’hui, si aucun droit à l’oubli numérique n’est véritablement établi, il existe néanmoins des moyens pour se défendre, même si ces derniers demeurent souvent inefficaces car inadaptés aux nouvelles technologies.

Au niveau international, l’article 8 de la CEDH garantit le droit au respect de la vie privée de chaque individu et l’article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne prévoit la protection des données à caractère personnel.

En France, l’article 9 du Code civil dispose que « chacun a le droit au respect de sa vie privée ». La loi informatique et liberté du 6 janvier 1978, (modifiée par la loi du 6 aout 2004 suite à la transposition de la directive du 24 octobre 1995 relative à la protection des personnes physiques et à la libre circulation des données) prévoit également que « l’informatique ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ». La loi Informatique et Liberté, sans établir de véritable droit à l’oubli, instaure néanmoins les prémices d’un tel droit. Plus précisément, elle aménage en son article 6 un principe de proportionnalité appliqué à la conservation des données personnelles ainsi qu’un droit d’opposition (article 38) lequel prévoit que toute personne peut s’opposer à figurer dans un fichier pour des motifs légitimes. Ces principes souffrent pourtant de nombreuses exceptions (pour plus de détails, voir « Le droit à l’oubli existe-t-il ? » http://www.reputationsquad.com/2010/08/ereputation-droit-oubli/). De plus, comme le fait remarquer Yann Padova, le secrétaire général de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL), la mise en œuvre de ces droits « s’avère plus que difficile dans le cas où le blog ou le site est hébergé hors d’Europe ». C’est le cas de Google et de Facebook, hébergés aux Etats-Unis. C’est pourquoi le droit à l’oubli « passera forcément par un compromis politique avec les Etats-Unis ».

Enfin, suite à l’initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, alors Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique auprès du Premier ministre, une Charte du droit à l’oubli numérique dans les sites collaboratifs et les moteurs de recherche visant à «garantir aux internautes le respect de leur vie privée en leur permettant de mieux contrôler la publication des données les concernant  » fut signée en octobre 2010. Les dix signataires (Action innocence, Confédération nationale des associations familiales catholiques, E-enfance, Union nationale des associations familiales, Copains d’avant, Pages jaunes, Skyrock, trombi.com, Viadéo, Microsoft France –MSN, Windows Live et Bing-) se sont notamment engagés à « améliorer la transparence de l’exploitation des données publiées par les internautes » et à « faciliter la possibilité pour une personne de gérer ses données sur la toile ». Seul hic : cette Charte n’a été signée ni par Google ni par Facebook (qui considèrent que le droit à l’oubli est potentiellement dangereux pour la liberté d’expression et pour leur modèle économique) et ne revêt aucun caractère contraignant.

Les dernières avancées

Plus récemment, Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, a réaffirmé sa volonté de réviser la directive de 1995 sur la protection des données personnelles afin d’y instaurer un véritable droit à l’oubli pour que les gens aient « le droit – et non seulement la possibilité – de retirer leur consentement au traitement des données ».

Lors de son intervention à Bruxelles le 16 mars 2011, elle a mis en avant quatre piliers à partir desquels devraient se baser cette révision : le droit à l’oubli, la transparence, la protection de la vie privée par défaut ainsi que la protection indépendamment de l’emplacement des données. Afin de faciliter les contrôles internes et de pouvoir mieux répondre aux demandes croissantes, elle estime également qu’il faut « renforcer l’indépendance et harmoniser les pouvoirs des autorités chargées de la protection des données ». Enfin, elle précisait à la fin de son discours qu’elle présenterait une proposition de directive au cours de l’été. Celle-ci n’a à ce jour toujours pas été dévoilée.

La CNIL espagnole n’a pas attendu cette fameuse proposition pour agir. Ainsi, en début d’année, l’agence espagnole de protection des données a intenté une action en justice contre Google pour atteinte à la vie privée, après avoir été saisie de près d’une centaine de demandes de suppression et/ou de désindexation de pages Internet comportant des données personnelles. Comme à son habitude, Google conteste sa responsabilité et estime qu’il appartient aux sites Internet où est directement publiée l’information de supprimer ces contenus. Google essaye avant tout de minimiser son rôle de simple « moteur de recherche » et cherche à éviter une réaction en chaîne dans les autres pays européens.

La décision de la justice espagnole est donc très attendue… Affaire à suivre !

S’il devient indéniable qu’un droit à l’oubli numérique effectif doit être établi pour mieux protéger les internautes des dérives du web 2.0, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens.

Quelles seraient les limites d’un tel droit ? Pourrait-il être invoqué pour tous les supports ? S’appliquerait-il à tous (aux personnes jugées coupables de crimes contre l’humanité par exemple) ? Comment serait-il appliqué ?

Il est effectivement nécessaire de prendre en compte ce type de considérations ainsi que la liberté d’expression et le devoir de mémoire pour définir les contours d’un tel droit.

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La grande e-migration : faut-il faire ses bagages ?

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Cela faisait déjà plusieurs mois que des faits inquiétants présageaient d’un avenir sombre pour le numéro un des réseaux sociaux. Facebook, qui amusait fut un temps, ennuie et commence à faire peur …

facebook est mort

Nos premiers pas hésitants dans ce monde inconnu et vierge ont vite laissé place à une routine sociale dans un décor chaotique chargée de milliers de Kos de photos, de goûts, de mots intimes et autres fragments de vie numérique. La sensation d’insécurité s’est installée peu à peu. Des milliers de personnes se sont e-suicidées ou ont trouvé refuge chez Twitter. Certains ont renoncé à leur vie privée, d’autres ont décidé de tout bloquer.
Au départ Facebook avait tout misé sur les amis. Mais aujourd’hui les amis peuvent aussi bien être votre mère, un collègue de travail, un journal national ou votre soda favori … Et c’est là que réside le plus gros problème du système Facebook. Malgré les tentatives pour mettre en place un système de « groupe » la confusion cognitive est trop grande …

 

Mardi 28 Juin, c’est la grande nouvelle, les blogueurs ne parlent plus que de ça : Google, le géant du web, annonce son réseau social Google Plus !

Après l’échec de Google Wave et de Google Buzz. (Comment Google s’est planté sur les réseaux sociaux) Certains sont sceptiques, pour d’autres c’est la consécration ! Google +, qui n’a que quelques semaines, dispose d’une interface très efficace dépassant sur de nombreux points le vieillissant Facebook.
De plus, le système de “cercles” promet un “rangement” simple et efficace des contacts. Il permet également à l’utilisateur de contrôler précisément ses données personnelles, ses photos ou encore ses partages. Cela donne le sentiment qu’il sera plus facile de gérer sa vie numérique et donc une partie de l’ e-réputation qui en découle.

Le “tout Google” fait peur, pourtant beaucoup font leurs bagages vers ce nouveau réseau social au rythme des invitations. Geeks et autres “early adopters” profitent avec joie des moments calmes mais excitant des débuts. Tout est à découvrir !
Les échanges de combines pour customiser G+ ou exporter ces photos Facebook vont bon train !

Il a fallu trois semaines à Google Plus pour atteindre les 20 millions d’utilisateurs. Cela a pris plusieurs années à Facebook …

 

On accuse Facebook de quelques manœuvres dans le but de bloquer cette “relative” hémorragie. Certains outils permettant de e-migrer vers Google ont par exemple été fermés. La guerre des géants ne fait que commencer …

L’ouverture de Google plus au plus grand nombre va-t-elle sonner le début d’un raz de marrée de nouveaux arrivants ? Selon certains, Google Plus montrerait déjà une certaine faiblesse. Une chose est certaine, l’époque “Facebook” est terminée et Google va séduire de plus en plus d’internautes.

Alors que faut-il faire ? Suivre les flux e-migratoires entre réseaux en laissant dernière nous des traces de notre passage ou rester coûte que coûte ?

On se souvient encore de Myspace et autre NetLog, ils avaient su convaincre le plus grand nombre. Aujourd’hui malgré de gros efforts ergonomiques, MySpace n’est plus qu’une coquille vide. Les personnes étant encore (vraiment) actives sur Myspace se font rares …. Les anciens réseaux se transforment en vastes lieux abandonnés, maintenus artificiellement en vie par des flux automatisés provenant d’autres réseaux ou à travers des comptes fantômes que d’anciens locataires ont oublié de supprimer …

Tout le monde se demande secrètement si le même sort est réservé à Facebook.
Tout porte à croire que Facebook n’est pas prêt de mourir mais la typologie d’utilisateur évoluera sûrement. Un réseau social semble devoir se spécialiser ou au moins être vraiment différent comme Twitter pour avoir une chance de survivre.

Alors, Google Plus sera-t-il l’ultime réseau social ? Deviendra-t-il l’alter ego de Facebook comme Android pour IOS (Apple) dans le monde OS mobiles ?
Avec ces successions de réseaux sociaux sur lesquels l’internaute se doit d’être présent pour occuper le territoire social, ce dernier risque de se fatiguer à force de dupliquer ses profils en traînant des valises toujours plus lourdes (Social Media Fatigue ).

Sans le savoir beaucoup rêvent déjà du jour où ils pourront aller et venir librement au travers de lieux d’échanges sociaux aussi multiples que riches ….

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