Nous connaissons cet été une véritable explosion des appels concernant les arnaques à la webcam (voir Les Inrocks à ce sujet également). La situation est inquiétante et laisse présager une hausse des arnaques à l’e-réputation dans l’avenir. Les faits que nous retraçons ci-dessous sont désormais communs, puisque nous recevons plusieurs appels quotidiens depuis quelques semaines (même si le phénomène existe depuis au moins deux ans).
1- Qu’est-ce qu’une arnaque à la webcam ?
Le mécanisme semble être toujours le même: un individu de sexe masculin fait la connaissance d’une jeune fille sur un site de rencontres, ils discutent, puis celle-ci demande à poursuivre la conversation avec un outil de chat à la webcam comme MSN, Skype, etc.
A l’aide de phrases comme celles-ci, la jeune fille incite la future victime à aller au-delà du simple déballage verbal :
La caméra est maintenant en marche, le piège va pouvoir se refermer sur l’apprenti séducteur trop crédule :
Histoire de s’assurer une production vidéo particulièrement impactante, la réalisatrice en herbe suggère des idées à son « acteur » :
La confiance, le lien étant installé, il s’agit maintenant de récupérer les numéros de téléphone de la victime ainsi que son nom et prénom… Une fois cette démarche d’identification accomplie, le ton va pouvoir changer :
Grâce aux nom et prénom de la victime, le maître-chanteur peut aisément reconstituer, via Facebook et autres Viadeo, en quelques secondes, le cercle familial, amical et professionnel de M. X.
La pression est maximale, le chantage à l’e-réputation est en place.
2- Comment réagir ?
Contacter la Police ?
Oui probablement. Cependant plusieurs victimes nous ont rapporté que la Police leur avait conseillé d’« appeler Reputation Squad ». Le serpent se mord la queue, si je peux me permettre de m’exprimer ainsi.
Faire supprimer la vidéo de Youtube :
La démarche est en fait assez simple. Lorsque vous suivez le lien YouTube fournit par l’escroc, cliquez immédiatement sur le bouton « Peut offenser ». Les robots de Youtube feront leur œuvre et supprimeront le contenu pornographique très rapidement.
Ne répondez jamais aux emails que vous allez recevoir :
Vous allez recevoir de nombreux emails venant par exemple de « YouTube », de la « Police des Pervers » et autres. Il s’agit bien sûr de manipulations de votre escroc, ignorez donc ces mails.
Que faire d’autre ?
Si le maître-chanteur ne détient pas vos véritables noms et prénoms, bannissez simplement la personne de vos contacts, et supprimez tous vos comptes sociaux utilisant l’email que l’escroc a en sa possession.
Si au contraire, vous avez été identifié, supprimez tout de suite vos comptes sociaux entièrement : Facebook, LinkedIn, Viadeo, Twitter, tout ce qui permet d’entrer en contact avec votre entourage et d’entacher votre e-réputation.
Vous allez également devoir vous lancer dans une longue période d’auto-googlisation, activité solitaire peut plaisante, mais des plus nécessaires pour s’assurer que la vidéo ne réapparait pas…
De manière générale, les escrocs semblent abandonner rapidement, dès lors que la récupération de l’argent devient difficile.
Conclusion :
Les arnaques à l’e-réputation n’en sont encore qu’à leurs balbutiements ; ce qui est décrit dans ce post demeure artisanal et ne peut être réalisé qu’à partir de pays avec un Etat de Droit défaillant. Cependant, il est capital d’intégrer dès aujourd’hui le fait que de telles manipulations peuvent se produire. Bien sûr, tout le monde n’a pas l’envie de montrer son intimité devant une webcam, mais les possibilités de pièges sont infinies, et il serait naïf de penser que cela n’arrive qu’aux autres.
Sachez que les arnaques à l’e-réputation reposant sur des chantages peuvent également concerner des entreprises : création de sites dénigrants par exemple, qui ne seront supprimés qu’en échange de remises d’argent.

























