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Intégrer l’E-réputation dans la valorisation des entreprises


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L’image de marque (d’une entreprise, d’un produit) a un impact majeur sur son volume d’affaires, sur le premium qu’elle peut faire payer aux consommateurs, sur sa sensibilité à la conjoncture économique, etc.

La marque est donc prise en considération lors d’un rachat d’entreprise ou d’une ligne de produits par exemple. Les négociations sur la valorisation ne vont pas porter uniquement sur des critères comptables mais vont également inclure un ensemble d’autres facteurs qui auront un impact positif ou négatif sur le prix d’acquisition.

Traditionnellement des critères tels que ceux-ci étaient pris en compte : notoriété, fidélité des consommateurs, etc.

De tels facteurs sont en effet critiques pour tenter de prévoir les revenus futurs offerts par la marque ainsi que sa situation par rapport à la concurrence. Plus la marque est établie, plus ses consommateurs y sont attachés, plus elle est disponible sur le marché, plus les revenus qu’elle génère seront pérennes et prévisibles et donc plus sa valeur sera élevée.

Il devient donc critique d’intégrer aux calculs de valorisation l’E-réputation de la(le) marque/produit/entreprise. En effet, les informations disponibles en ligne sur un(e) marque/produit/entreprise ont un impact de plus en plus majeur sur les décisions d’achats des consommateurs par exemple. Cela est particulièrement vraie pour les industries dont une énorme partie des achats s’accomplissent en ligne (comme le tourisme) ou pour des achats particulièrement coûteux/impliquants (construction d’une maison par exemple, opération chirurgicale).

Une marque, dont l’E-réputation aurait été délaissée pendant des années et qui présenterait par exemple des pages de résultats particulièrement compromises dans les moteurs de recherche, devrait ainsi s’attendre à subir un impact négatif sur sa valorisation. Cet impact devra prendre en compte des dimensions : telles que la baisse du taux de transformation des clients potentiels en acheteurs, les coûts de reconquête de l’e-réputation compromise, etc.

Comment prendre en compte un problème d’e-reputation lors du rachat d’une marque/entreprise ?

Pour rester simple, nous pouvons envisager la méthode suivante :

Une méthode DCF (discounted cash flow) classique appliquée à la perte de trésorerie due à la crise. Pour les non initiés, il s’agit d’actualiser (un euro gagné dans 4 ans ne vaut pas la même chose que si vous le gagnez tout de suite) les flux de trésorerie futurs de la crise. En pratique, dans le cas d’une marque/entreprise mature ou sur un marché clairement identifié pour lequel vous disposez de données de croissance, vous pourrez appliquer cette méthode DCF sans trop de problème. Pour cela, vous devrez bâtir des prévisions de retour à la normal en fonction du début de la crise, des actions mises en œuvre, de « l’impact résiduel » de la crise auprès de certains consommateurs…

L’exemple chiffré ci-dessous pourrait s’appliquer à un certains de nos clients : une crise d’image provenant en général d’un problème opérationnel (livraison, production…) entrainant un glissement des ventes. Les hypothèses sont les suivantes :
- Crise d’e-réputation se produisant en juillet n et entrainant une baisse progressive des ventes (vs. m-12 afin d’éliminer l’impact de la saisonnalité) ;
- La vente de la marque/entreprise ainsi que les mesures correctrices (recours juridiques, appel à des spécialistes en e-réputation, campagne de communication, etc.) ont lieu en novembre n ;
- Le retour à la croissance du marché est prévu en décembre n+1 ;
-L’impact mensuel de la crise est calculé de la manière suivante : (variation vs. 12 derniers mois-croissance du marché-0.5% de surperformance de la marque par rapport au marché)*flux de trésorerie du mois (pour simplifier, il faudrait normalement reconstituer la marge brute, ce qui rendrait l’impact sur la trésorerie exponentiel).

Valorisation

Valorisation

L’impact total (nous négligeons l’actualisation et l’effet résiduel de la crise) s’élève ici à €1.0m.

Utilisation de ce chiffre : nous conseillons de garder la valorisation initiale de la marque/entreprise (car parfois réalisée avant la crise) basée sur les données de marché et d’y retrancher (i) le coût estimé de la crise par rapport à la valorisation initiale (€1.0m ici) ainsi que (ii) les coûts de gestion de crise d’e-réputation. Ces deux éléments seront donc considérés comme éléments de dette.

Si vous êtes acquéreur, vous pourrez négocier sur l’effet résiduel de cette crise, c’est-à-dire les difficultés que la marque/entreprise aura à retrouver ses performances par rapport au marché (s’appliquerait par exemple à la crise que traverse Toyota actuellement, qui risque de ne pas être passagère car extrêmement relayée par les médias et Internet).

Si vous êtes vendeur, vous pourrez mettre en avant votre réactivité face aux premiers symptômes de dégradation d’e-réputation voire des données chiffrées sur des périodes similaires. Cela permettra de démontrer votre capacité à limiter la durée et l’impact de cette mauvaise e-réputation.

  • http://www.samuel-sanchez.com Samuel Sanchez

    Et ceci concerne tout type d’entreprise ! De la petite agence immobilière en passant par le PME spécialisée jusqu’aux grands comptes !

  • http://www.samuel-sanchez.com Samuel Sanchez

    Ce n’est pas Henri Ford qui disait « Deux choses importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise, sa réputation et ses hommes. »

  • http://www.reputationsquad.com Albéric Guigou

    Oui Samuel, nous avons pris l’exemple d’un cas pour lequel nous avons été consulté récemment mais cela pourrait s’appliquer à un commerce de proximité. Le seul problème serait que l’impact peut être plus difficile à chiffrer (données de marché) et risquera tout simplement d’annuler la transaction. Les entreprises « d’une certaine taille » sont en général plus habituées à composer avec ce type de « grain de sel » lors d’une cession/acquisition.

  • http://mafinance.wordpress.com/ SG78

    Bonjour, j’ai posté un article sur mon blog qui parlait de cette problématique sur le cas Toyota
    (désolé pour ma pub mais cela permet d’enrichir le débat, en plus je vous cite dans mon article!).
    Tout à fait d’accord pour dire -et c’est le financier qui parle- que ce type de problématiques sont en général mal appréhendées lors d’une transaction d’entreprise: elles font souvent capoter un deal alors qu’il n’y a souvent pas lieu d’être! Stéphane

  • Égide

    L’étape suivante, sera-t-elle de considérer que l’e-réputation fait partie de la valeur de l’entreprise que toute atteinte à cette réputation, même si elle est fondée est un lèse qu’on peut estimer en perte de valeur.

    Alors la tentation sera grande de défendre en estant toute atteinte à la réputation. D’ailleurs, n’est-ce-pas ce qu’a tenté d’obtenir en justice le syndicat professionnel des producteurs de fruits.
    N’y a -t-il pas une confusion entre les outils bien connus et efficaces du marketing marque ou produit ?

    Le nouvel espace complexe d’échanges d’information qu’offre le web augmente d’une manière exponentielle l’efficience de ces outils de marketing.
    Pourquoi n pas s’en tenir là !

    Si je comprend la tentation d’introduire une valeur d’e-réputation dans le bilan comptable des entreprises de type start-up afin de les revendre avec une marge confortable à des repreneurs afin qu’ils étoffent leur offre, autant cela me parait une voie dangereuse de faire accroire à la capitalisation de l’e-réputation.
    Ne faudrait-il pas réorienter cette expertise passionnante que vous offrez pour améliorer la communication et la connaissance de sa chalandise ?

  • http://www.reputationsquad.com Fabrice Ivara

    Bonjour, l’idée d’introduire l’e-reputation dans le prix d’acquisition d’une société (pas forcément une start-up) est plutôt à prendre dans le cadre d’une négociation mais ne doit pas être une stratégie de revente. Comme vous le dites, les outils marketing classiques de création de la marque (RP/Communication/…) s’en chargent très bien.
    Notre expertise -pour les entreprises- consiste en effet à apporter un complément visant à appuyer la communication d’une entreprise et non à leur créer une image de toute pièce en perspective d’une revente.

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